Critique – Child of Light

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J’ai eu la chance d’assister au lancement de Child of Light d’Ubisoft Montréal qui se déroulait dans une galerie d’art. Dans une atmosphère visuelle épurée, Patrick Plourde, directeur créatif du jeu, a présenté son nouveau-né avec la fébrilité d’un artiste qui se met à nu. Un piano blanc attendait Coeur de Pirate pour une prestation musicale. On dit des images de Child of Light qu’elles sont tellement belles qu’elles pourraient être accrochées au mur d’une galerie d’art. C’est exactement ce qui a été fait.

Le message est clair: Child of Light est une oeuvre d’art.

Bien que ça puisse être cliché à dire aujourd’hui… s’il existe encore des sceptiques qui croient que le jeu vidéo ne peut être de l’art ou générer de l’émotion, montrez-leur ce jeu.

Mais justement, c’est aussi un jeu. En est-ce un bon?

 

Étonnamment complexe

Les environnements créés à la manière de peintures en aquarelle, les personnages naïfs, mais intrigants, la narration et les dialogues en vers nous plongent littéralement dans un conte. Le personnage principal, Aurora, une petite fille à l’apparence frêle, en est en fait l’héroïne. Elle a une épée et fonce tout droit vers le danger. Tout ceci peut donner l’impression qu’on a affaire à un jeu pour enfant. Ce n’est pas le cas.

Child of Light n’a rien à envier à la série Final Fantasy, en terme de ce qu’on s’attend d’un jeu de rôle à la manière japonaise : du choix et de la complexité. Donc, complexe, oui, mais pas compliqué; et c’est là que Child of Light réussit où beaucoup de jeux du genre échouent. Les branches d’évolution des personnages dans lesquelles on assigne des points sont intuitives et on sent que chacun de nos choix fait une différence. Le système de création d’Oculi, des pierres précieuses qu’on peut créer, combiner, puis assigner aux personnages pour différents bonus liés aux éléments de la nature, est étonnamment profond tout en étant facile à comprendre.

Tout cela est jumelé à un système de combat qui, bien qu’il ait été présenté comme étant classique et tour par tour, est en réalité très dynamique. L’ordre des attaques est déterminé par une ligne de temps que le joueur peut manipuler en choisissant d’attaquer le bon ennemi au bon moment. Comme tous les aspects RPG du jeu, le système est facile à comprendre, tout en ayant une profondeur qui plaira aux joueurs qui aiment rechercher les stratégies les plus efficaces.

Bien que plusieurs personnages aux différents attributs et attaques se joignent à la quête d’Aurora, on ne peut qu’avoir deux personnages en même temps pendant un combat. Il fait partie de la stratégie en combat de changer de personnages on-the-fly, mais c’est une mécanique qui ralenti la cadence du jeu et peut être frustrante.

 

Igniculus

Child of Light n’est pas un jeu pour enfant. C’est un jeu à jouer avec un enfant.

Patrick Plourde a expliqué qu’il voulait recréer l’expérience de lire une histoire à un enfant. Il y a donc une fonction co-op intégrée dans le jeu sous la forme d’un petit personnage flottant, nommé Igniculus, qui n’est pas sans nous rappeler la fée Navi de The Legend of Zelda: Ocarina of Time.

Igniculus n’est pas juste une aide facultative, il fait partie intégrante des mécaniques du jeu, surtout pendant les combats. Un joueur en solo doit donc quand même le contrôler. Mais avec une 2e manette ou la souris sur PC, un 2e joueur peut embarquer dans l’aventure avec vous à n’importe quel moment. Si vous êtes un parent qui cherche un jeu à jouer avec votre enfant, Child of Light propose une expérience unique. Igniculus est non seulement facile à comprendre et à contrôler, il ne peut pas nuire. Mais encore mieux : il est essentiel. Ce n’est pas juste une «bébelle » qu’on donne à un enfant pour l’occuper. Au contraire, on fait participer l’enfant à la stratégie du jeu en faisant confiance à son intelligence. Et ça, dans tout ce que Child of Light a à offrir, c’est ce qu’il y a de plus admirable.

Une musique envoutante, un univers visuel sublime dont on a envie d’explorer chaque recoin et des mécaniques de jeu profondes, mais intuitives, font de Child of Light un téléchargement incontournable, peu importe votre plateforme de jeu. Tout au long de l’aventure, on sent les nombreuses références qui ont inspiré la petite équipe de développement, mais ce qui fait que Child of Light transcende ses mécaniques et ses inspirations et devient une oeuvre d’art, ce n’est pas sa beauté artistique, mais le fait que ses artisans ont choisi de prendre des risques et défier les attentes.

– Mario J. Ramos

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