Émission #322The Sixth Gun Vol.1: Cold Dead Fingers

Cette semaine, la suggestion du mois de la librairie Millénium, The Sixth Gun de Cullen Bunn et Brian Hurtt. Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons également les dernières nouvelles sur l’univers de la culture populaire: BD, cinéma, jeux vidéos, télévision, etc.

Diffusion originale: 29 juillet 2013
Site web: MysterieuxEtonnants.com
Cet épisode a été enregistré à CHOQ.ca
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Festival Fantasia 2013 – The Weight

The Weight du réalisateur sud-coréen Jeon Kyu-hwan raconte l’histoire de Jung, un homme bossu dont l’existence est centrée autour d’une morgue où il y habite et travaille en tant qu’embaumeur. Une vie morne, mais pourtant paisible qui sera chamboulée lorsque les malheurs de son frère, un dépressif en quête d’un changement de sexe, viendront empiéter sur son quotidien.

Sans être complètement un huis clos, l’univers fictif de The Weight n’en garde pas moins une atmosphère de claustrophobie. Une bonne partie du film se déroule à l’intérieur de l’étroite morgue. Un monde gris et sans joie dans lequel le personnage principal semble étonnamment satisfait. Loin des regards et du jugement des gens « normaux », l’embaumeur exécute ses tâches routinières qui sont, on s’en doute, les seules raisons qui donnent du sens à son existence dépourvue de plaisir.

Le lieu est un personnage à lui-même où tout est permis et dans lequel on rentre comme dans un moulin. Familles de défunts, groupes de célébrants et employés du coroner se croisent tous dans la petite pièce où on y retrouve autant des corps dénudés que ceux prêts à être envoyés six pieds sous terre. Une réalité crue et déstabilisante qui ne semble pas pour autant affecter Jung qui s’y applique avec dévouement.

Bien qu’on parvienne autant soit peu à s’attacher à lui, le personnage principal demeure néanmoins inaccessible et mystérieux pour l’auditoire. Silencieux, comme l’ensemble des protagonistes du long-métrage d’ailleurs, on voudrait en apprendre un peu plus sur lui et ce qui le tracasse. Faute d’attachement, on a du mal à créer un lien affectif avec Jung lorsqu’il fera face à des ennuis.
Le scénario, également signé par Jeon Kyu-hwan, est lent et prend bien le temps de nous montré toutes les facettes de l’existence du bossu. Une approche qui se montre beaucoup trop insistante et qui trahit les intentions du réalisateur à vouloir établir une atmosphère lourde et lugubre. On aimerait davantage de substance que la simple succession de scènes du quotidien montrant Jung occupé à maquiller un mort ou l’éponger de son sang.

À quelques reprises, le film laisse de côté Jung et son frère pour s’attarder à un personnage secondaire dont la vie vient d’être chamboulée par le décès d’un être cher. C’est le cas d’un homme défiguré et muet que l’on voit portant un casque de moto afin de cacher ses difformités. Le récit de ses souffrances causé par la mort de sa mère est en mesure de nous toucher. Celui-ci n’a malheureusement que très peu d’incidences sur la trame narrative du film qui se complait à mettre en scène le quotidien de l’embaumeur.

The Weight est une production originale dont on sent le désir d’exprimer une option, ou, à tout le moins, tente d’illustrer certains aspects tragiques de la condition humaine. Malheureusement, faute de direction et de maîtrise, ses points forts se retrouvent ensevelis sous une suite de mauvaises décisions. On a davantage l’impression d’un premier jet auquel on aurait dû retirer quelques scènes.

– Benoit Mercier

Festival Fantasia 2013 – The Last Tycoon

http://youtu.be/OWyxgnm3sB0

The Last Tycoon de Wong Jing marque le retour Chow Yun-Fat à Fantasia, acteur fétiche des habitués du festival, qui nous revient dans le rôle de Cheng Daqi, un haut placé de la pègre de Shanghai qui, peu de temps avant de l’invasion des troupes japonaises en Chine, renoue avec une vieille flamme de son passé. Un film chargé en émotion dans lequel se succèdent autant les moments poignants que des scènes d’une violence surprenante.

Yun-Fat y incarne avec brio le charismatique Cheng Daqi, une figure énigmatique et puissante de la Chine des années 30 dont le parcours de vie est révélé par l’entremise de scènes rétrospectives. Bien qu’il soit un criminel aguerri de longue date, celui-ci parvient à charmer l’audience avec ses allures de gentil homme. Un personnage capable de la plus tendre caresse autant que des actes d’une agressivité inouïe. Une interprétation authentique et touchante qui parvient à maintenir la sympathie que l’on ressent a son égard tout le long du long-métrage.

Le récit n’est pas sans rappeler les drames de gangsters à la Francis Ford Coppola. Le réalisateur Wong Jing parvient à trouver l’équilibre entre la fresque historique, le film d’action et l’histoire d’amour classique sans pour autant s’embourber dans les clichés du genre. The Last Tycoon est riche succession de dialogues chargée en informations de toute sorte ce qui peut amener par moment une certaine confusion. Un simple moment d’inattention peut s’avérer néfaste alors que se relayent devant nos yeux des scènes denses en contenu politique et intrigue amoureuse.

Malgré quelques séquences en animation de synthèses maladroitement exécutée, nous avons droit à une photographie soignée aux couleurs vives et orientées vers le détail. Un aspect qui n’est pas mis à l’écart lors des différentes altercations et fusillades qui se déroulent devant nos yeux. Celles-ci sont par ailleurs légion dans la production.

Malgré ses longueurs, The Last Tycoon est divertissement assuré pour les initiés et amateurs de la vedette du cinéma chinois.

– Benoit Mercier

Festival Fantasia 2013 – Ip Man: The Final Fight

Ip_Man_The_Final_FightIp Man, le légendaire maître du Wing Chun, est de retour cette année encore à Fantasia dans un tout nouveau long-métrage signé Herman Yau (The Legend is Born – Ip Man). Avec déjà trois films à son actif, ce nouveau récit de kung-fu se veut une suite à la populaire franchise inspirée par le mentor de Bruce Lee. On y découvre un Ip Man vieillissant interprété par Anthony Wong, en remplacement de Donnie Yen, qui s’installe cette fois-ci à Hong Kong alors que la population de la Chine doit composer avec une nouvelle vague de famine et de restrictions gouvernementales.

Bien qu’hésitant au départ, Ip Man concède à ouvrir une nouvelle école d’art martial et à enseigné à un groupe restreint d’élèves. Séparé de que sa femme et son fils qui habitent une autre région du pays, ceux-ci deviendront par la même occasion sa nouvelle famille. Les choses se compliqueront lorsque la tension montera entre certains employeurs de ville et des unions de travailleurs et que l’un des disciples du vieux maître se mêlera aux activités illicites d’un groupe de criminels local.

Anthony Wong incarne un Ip Man plus pausé et contemplatif que les versions précédentes. Son jeu a beau être juste, on finit par s’ennuyer du charisme éclatant que possédait Donnie Yen à l’écran. Il en va de même pour les scènes d’action qui manquent un peu de mordant et qui sont qu’une pâle copie des films précédents. Ces séquences étaient synonymes d’excitation dans les deux premiers opus de la franchise, tandis qu’ils sont réduits à une succession de chorégraphies, quoique bien exécutés par l’ensemble de la distribution, dans cette nouvelle production.

Les élèves d’Ip sont tout aussi peu intéressants. Nombreux, on ne finit jamais vraiment par les connaître et leur rôle dans le récit semble illusoire et réservé à adresser ce qui se passe dans la vie de leur enseignant. Le long-métrage se montre par moment à cheval entre le bon vieux film de kung-fu et la fresque historique de l’époque. Les enjeux de notre héros et de son entourage demeurent flous une bonne partie du long-métrage, alors que le récit semble « se chercher » une raison d’être. Faute d’ennemis ou de difficultés, on finit par perdre l’intérêt pour ce qui se passe à l’écran.

Malgré ses faiblesses évidentes, on ne peut pas qualifier pour autant Ip Man: The Final Fight de « mauvais ». La caméra de Herman Yau parvient à capter l’ambiance d’un Hong Kong des années 50 et nous offrir par moment de superbes plans. La photographie est colorée, belle sans être particulièrement remarquable.  Les amateurs de combat corps à corps peuvent y trouver le compte, à condition de ne pas s’attendre au niveau de raffinement des précédentes productions. En outre, The Legend is Born – Ip Man aurait pu porter un tout autre titre et n’apporte que très peu de nouveau à une franchise qui était pourtant divertissante.

Ip Man: The Final Fight sera projeté à nouveau le 31 juillet prochain au cinéma Impérial.

– Benoit Mercier

Émission #321R.I.P.D.

Cette semaine, nous vous partageons certaines des plus grandes nouvelles dévoilées durant la plus récente édition du Comic-Con de San Diego et nous discutons de R.I.P.D., la bande dessinée de Dark Horse Comics qui a inspiré le film du même nom qui vient tout juste de sortir en salle. Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons également les dernières nouvelles sur l’univers de la culture populaire: BD, cinéma, jeux vidéos, télévision, etc.

Diffusion originale: 22 juillet 2013
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Festival Fantasia 2013 – I Am Divine

I_Am_DivineI Am Divine du réalisateur Jeffrey Schwarz dresse un portrait de la vie tumultueuse, mais fascinante, de Harris Glen Milstead, alias Divine. Un artiste travesti de Baltimore qui est devenu du jour au lendemain un symbole de la contre-culture américaine au début des années 70 pour finalement goûter au succès commercial peu avant son décès, en 1988. Un film captivant et touchant sur un homme authentique et bon vivant dont les périples de son existence l’ont porté à l’intersection de la performance, de l’art et du mauvais goût.

Le film débute avec la première internationale de Hairspray, un long-métrage signé par son ami et collègue de longue date, John Waters, qui marqua la première sortie commerciale du duo. On présente par la suite l’enfance, souvent difficile, du jeune homme alors qu’il tente de trouver sa place dans une Amérique des années 60. Époque durant laquelle la diversité sexuelle, dont l’homosexualité, est encore considérée comme tabou par une bonne partie la population. De ses débuts humbles dans les productions de Waters jusqu’à la gloire des cabarets et autres performances sur scène et à l’écran, on présente l’ascension de Divine dans les différents cercles du divertissement. Avec son surplus de poids, son attitude désinvolte, le personnage de Harris Glen Milstead fascine les foules et parvient à enflammer l’imagination d’un public qui l’adore. Une fascination qui nous happe au passage et qui ne nous quitte pas du début à la fin du film.

Sans tomber dans le mauvais goût, et sans toutefois se censurer pour autant, le long-métrage nous fait découvrir différents aspects de la vie de Divine. De sa carrière à ses amours en passant par son histoire familiale. Ce dernier aspect est par ailleurs particulièrement touchant, d’autant plus que celui-ci est souvent raconté par la mère du défunt artiste. La plupart des témoignages proviennent d’amis proches, de membres de son entourage et de critiques. Ceux-ci ont tous été touchés par la carrière de la diva du trash et nous livrent des souvenirs aussi touchants que « bien sentis ».

La personnalité de la drag queen est au centre du récit et est merveilleusement présentée et décortiquer au grand écran. Divine émerveille, fait rire et choque au fil d’anecdotes et séquences vidéo tirées de différentes archives accumulées durant plusieurs années. Sans jamais désorienter, on s’assure de bien situer pas à pas le public, et par le fait même, les néophytes du genre, dans cet univers coloré qui pourrait, si laissé à soi-même, devenir rapidement étourdissant. Il est fascinant de découvrir l’histoire de l’homme, mais surtout la trace qu’il a laissée autant dans le milieu de la contre-culture, mais également dans celui de la culture populaire. Une histoire qui est malheureusement très peu connue, mais qui mérite d’être racontée.

I Am Divine n’est pas un film qui se veut objectif. Au contraire. Il n’est pas question ici de relativiser l’oeuvre de Milstead et dans cette mesure le long-métrage à un parti pris, mais on s’en balance. La découverte, l’humour noir et la tendresse, comme l’excès, sont au rendez-vous dans ce portait d’un homme qui, oui, je sais que c’est cliché, est allé au bout de ses aspirations.

I Am Divine sera une fois de plus en représentation le 30 juillet prochain, à 19 h 30, à Salle J.A. De Sève de l’université Concordia. À ne pas manquer.

– Benoit Mercier

Émission #320Pacific Rim

Cette semaine, des robots géants composent la dernière ligne de défense de l’humanité contre des kaiju dans Pacific Rim, le plus récent film du réalisateur Guillermo del Toro mettant en vedette Charlie Hunnam, Idris Elba et Rinko Kikuchi. Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons également les dernières nouvelles sur l’univers de la culture populaire: BD, cinéma, jeux vidéos, télévision, etc.

Diffusion originale: 15 juillet 2013
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