Festival Fantasia 2012 – Alter Egos

Qui a dit qu’il faut absolument un budget démesuré afin de jouer dans la cour des grands films de superhéros hollywoodien? Quelqu’un n’a assurément pas fait le message au réalisateur et scénariste Jordan Galland qui est venu présenté en première mondiale hier soir à Fantasia son long-métrage « Alter Egos », un récit qui met en en scène des héros aux prises avec des problèmes aussi fantastiques que banals.

Dans un monde où tous les super vilains de la Terre sont désormais en prison, l’humanité se retourne contre sa grande communauté de super héros qui est maintenant vue comme obsolète. Détestés par une bonne portion de la population, certains bienfaiteurs costumés continuent malgré tout de participer à des missions mineures. C’est là où entre en scène «Fridge» (Kris Lemche), un vigilante qui a son lot de difficultés personnelles avec sa copine et qui vient porter main forte à son collègue, C-Thru (Joey Kern), afin d’escorter un criminel dangereux (John Ventimiglia). Les deux alliés se retrouvent dans un l’hôtel Hampton Bays afin de procéder au transport du vilain. Sur place, Fridge fait la rencontre de la jolie gérante de l’établissement, jouée par Brooke Nevin, pour qui il développera rapidement des sentiments. Par contre, rien n’est ce qu’il ne le semble lorsque Fridge découvrira que son ami l’a attiré dans un piège qui a pour but de ramener ses lettres de noblesse à la communauté de héros déchus.

Enfin un film de super héros qui tente d’essayer quelque chose de nouveau et rafraichissant. Bien que je ne suis nullement un détracteur de ce genre de cinématographique, là où les superproductions font habituellement dans l’action et les effets spéciaux à profusions, Alter Egos décide plutôt d’opter pour une approche basée sur des dialogues mordants et une mise en scène simple, mais efficace. Avec très peu d’artifices, le réalisateur Galland réussi à nous faire croire, sans ne pratiquement jamais quitter l’hôtel où se déroule l’action du film, à un monde surpeuplé de gens avec des capacités surhumaines qui porte ses propres règles de conduite et leurs démons. Rappelez-vous des discussions que vous avez eues avec vos amis concernant le costume de Spider-Man ou Captain America à leur sortie au cinéma et observez ceux d’Alter Egos et vous allez rapidement vous apercevoir qu’il n’en valait pas la peine d’en faire tout un plat. Malgré des uniformes de spandex moulants et douteux et ses effets spéciaux simples, le long-métrage nous garde en haleine jusqu’à la fin et ne parvient jamais à activer chez nous ce sentiment appelé le «Suspension of Disbelief». Le récit pourrait être comparé à un mélange entre Kick-Ass et un long-métrage de dialogues à la Kevin Smith. Par ailleurs, la compagnie de ce dernier, SmodCast, est liée à la production du projet.

Les interprètes Kris Lemche, Brooke Nevin, Joey Kern, John Ventimiglia et Danny Masterson portent littéralement le long-métrage sur leurs épaules. Leur jeu est toujours juste et comique et les jeunes acteurs ont visiblement beaucoup de chimie et de plaisir à l’écran. Gentil ou méchant, qu’importe, on en vient à craindre pour leur sécurité et on se retrouve rapidement attaché à eux. Le mélange vie de super héros et vie personnelle aurait pu rapidement devenir anecdotique, mais le scénario s’éloigne du piège et prend un tournant vers le dramatique avant que le public détecte la répétition ou ne s’ennuie. Comment les héros gèrent-ils leur vie professionnelle et amoureuse? Quel sont les enjeux d’être un super héros, pourquoi le font-ils? Quelles sont leurs manies? Voilà des questions auxquelles s’attaque Galland qui parvient à y répondre avec autant de créativité que d’intelligence.

À voir que vous êtes un amateur de Comic Book ou non.

– Benoit Mercier

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