Festival Fantasia 2012 – Game of Werewolves

Game of Werewolves, à ne pas confondre avec la série de HBO, Game of Thrones, écrit et réalisé par Juan Martínez Moreno est une comédie de situation qui met en scène la plus inusitée des créatures pour un film humoristique, le loup-garou.

C’est avec une approche réaliste et posée qui ne présage aucunement l’implication de forces paranormales que Moreno approche initialement son long-métrage qu’il présente au départ comme un récit de « retour aux sources » et de découverte de soi pour ensuite plonger la tête première dans une succession folle d’attaques de montres, de scènes de combats et de dialogues hilarants.

Tomas, un écrivain qui a de la difficulté à trouver le succès, retourne dans son village natal qu’il n’a pas visité depuis 15 afin de renouer avec ses racines et trouver l’inspiration. Sur place, il retrouvera un milieu figé dans le temps où les villageois semblent sortis tout droit d’une époque reculée. Accueillants au départ, ceux-ci ne perdront pas de temps avant de se retourner contre Tomas. Assommé et ensuite ligoté, il sera offert au loup-garou de la petite municipalité rurale afin de briser la malédiction de la bête qui sème la terreur sur la région depuis près de 100 ans. Aider de Calisto, son ami d’enfance et résident du village, et de Mario, son agent littéraire houleux, le groupe transposera malgré eux la malédiction vers les habitants qui seront transformés à leur tour en des créatures mi-loup et mi-homme. Tomas et ses compagnons ainsi que son chien Vito devront trouver un moyen de quitter la localité en vie et si possible avec tous leurs membres.

Quoique lent au début, près de 30 minutes s’écoulent avant que l’on voie le premier loup-garou, Game of Werewolves est hautement efficace lors de ses différentes scènes de poursuite dans lesquelles nos «héros» se retrouvent confronter, souvent impuissants, devant une impressionnante horde de loups-garous sanguinaires assoiffés de sang et de chair humaine. Des loups-garous qui sont par ailleurs franchement épeurants. Bien qu’il s’agisse d’une comédie assumée, leur simple présence à l’écran suffit pour donner des frissons aux spectateurs qui ne cessent de faire le saut lorsqu’ils arrivent pour confronter Tomas et son groupe. La transformation des hommes en créatures est surprenante, efficace ainsi que lugubre et n’a pas nécessité l’utilisation d’effets spéciaux. Cette attention particulière aux maquillages contribue certainement à donner à la production des airs de bons vieux films d’horreur classique. Jamais l’on ne questionne ce qui nous est présenté, Moreno évite de tomber dans le piège de la fascination pour les effets qu’il réussit à utiliser qu’aux moments opportuns.

Le réalisateur décide plutôt de braquer sa caméra vers ses acteurs qui ont une chimie indéniable à l’écran. Leur jeu juste passe de l’épouvante à la taquinerie sans problème. D’un débit rapide et souvent dans l’engueulade, leurs échanges sont bourrés de blagues qui font autant rire que les situations dans lesquelles ils réussissent à se piéger contre leur gré. On vient à craindre pour la sécurité de ces personnages qui comme certains protagonistes du film risquent à tout moment de mordre la poussière. Il faut également souligner la performance du petit chien Vito qui vole souvent la vedette et qui sauve la peau des personnages.

Des longueurs réussissent malgré tout à s’intégrer entre les scènes des différentes séquences d’actions qui ont pour but de faire avancer le récit en nous donnant davantage d’informations les origines de la malédiction et de son lien avec Tomas et sa famille. Mais grâce à l’intelligence de son humour, le long-métrage arrive à passer par dessus ces moments qui après tout permettent d’équilibrer une œuvre qui demeure cocasse et distrayante du début à la fin.

– Benoit Mercier

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