Post-1986 : pour une taxinomie des générations geek ?

J’aimerais d’office aviser nos chers lecteurs du blogue que ce billet passera par plusieurs anecdotes un peu loufoques et des questionnements, de ma part, qui pourraient sembler superficiels, mais qu’il est important pour moi de partager avec vous. Mise en contexte : lorsque je faisais partie de l’équipe radio des Mystérieux étonnants, j’étions la plus jeune membre. Mes adorés collègues sont dans la trentaine, je suis dans la mi-vingtaine.

Résultat ? L’exemple le plus éloquent de cette différence est que lorsque les Batman de Schumacher sont sortis en salles, j’avais l’âge du public-cible, tout comme Star Wars Épisode 1 ! Parlant de Star Wars, je n’ai jamais vu les versions originales des trois premiers films, parce que lorsque j’ai atteint l’âge de les voirs, les versions revisités par Lucas étaient déjà lancées. Alors quand je vois des Warzies crier au scandale quant au «Han Shot First vs Greedo Shot First », je ne m’en formalise pas trop, en fait, je me fiche (… blasphème!).

Ainsi, il existe un certains fossé générationnel entre mes collègues et moi, qui génère de gentilles moquerie lorsque je dis, par exemple, que le campy de Scharwzie en Mr. Freeze me tient quand même à coeur. Que je ne suis pas sortie d’Épisode I l’en pleurant ma franchise adorée. Que je regarde Superman III sur vhs, que je n’avais pas vu, d’ailleurs, et que je me pose beaucoup de questions…

Bref, à l’écoute du film susmentionné, que j’ai trouvé loufoque et peut-être un brin désespéré, je me faisais cette réflexion : j’ai la chance d’avoir vécu un geekdom déjà bien installé dans la popculture et riche en oeuvres incontournables et assumées dès l’enfance. À mon entrée en maternelle, les ninjas turtles, c’était un must. Batman : The Animated Series, X-Men, Spider-Man font leur apparition au petit écran dès le début des années 1990, tout comme une déferlante vague d’animes japonais. Un peu plus tard, c’est la consécration de Pokémons. Les magasins de comic books sont légion.

À mon adolescence, c’est le retour de Star Wars (pour le meilleur et pour le pire, j’en conviens) et le début des films de Marvel qui viennent tout changer.

Lorsque je suis devenue jeune adulte, voilà que le geekdom devient d’une coolitude absolue, intègre plus que jamais le monde « grand public » de la culture pop. Sans me regarder le nombril, je pourrais presque dire que, côté mise en marché, l’ascension de la plupart des univers geeks ont suivi le cours de mon évolution et de celle de ma génération. Mais pourquoi ?

Je me plais à croire que, comme l’ont indiqué plusieurs fois mes collègues de LME, je suis née lors d’une belle année pour le comic book/roman graphique: 1986. Watchmen, The Dark Knight Returns, premier volume de Maus, The Man of Steel, les débuts de Dark Horse et plus. Ça part bien pour nous.

Mais alors, faudrait-il, comme pour les vagues démographiques en général, nommer les générations de geeks, question de comprendre certains phénomènes culturels qui influence cette sphère du divertissement ? Si je crois que ce n’est pas nécessaire, je crois qu’il est intéressant de se pencher, avec le recul, sur le développement culturel de chaque génération de geeks, ne serait-ce que pour comprendre l’analyse que chacun fait des oeuvres qui nous sont présentées aujourd’hui.

Ce qui m’amène à poser cette question à vous, chers lecteurs. Quel âge avez-vous et ressentez-vous une différence marquée avec des membres plus jeunes ou plus vieux, également membres du geekdom ? Où étiez-vous en 1986 ? J’aimerais beaucoup lire vos commentaires.

6 thoughts on “Post-1986 : pour une taxinomie des générations geek ?”

  1. En 86 on créait la micro-informatique, le jeu de rôle, la S.F. en chef d’oeuvre (Terminator, Blade Runner, Dune, Brazil…), les comics cultes. On ne piratait jamais : on déplombait les disquettes. On copiait les cassettes et les VHS : c’était encouragé avec les platines double. Les Geeks d’aujourd’hui ont une veine phénoménale question quantité et qualité. Question créativité par contre je me sens en décalage, pas par le foisonnement, mais par la foi. En 86, un simple concept devenait une révolution ludique : Rubik’s cube. En 86, il fallait créer les années 2000. C’est fait. C’est le rêve accompli du Geek : triomphe des comics au ciné, internet, jeux 3D. Mais de là à dépenser tout mon fric pour le dernier téléphone mobile, alors non. Le geek addict, voilà la terrible nouveauté de ta génération.

  2. Il y a toujours eu des gens qui font dans l’excès, qu’importe la génération. Donner l’accès n’es pas synonyme de consommation et il y a bien des geeks pour qui l’Informatique, dont les cellulaires, ont que très peu d’importance. Romantiser les bonnes vieilles années est trop facile. Les gens sont créatifs depuis toujours. On a des films et des séries télé pour le prouver.

  3. geek de 42 ans, tombée dans les jeux vidéo et les comics dans les années 70, je constate qu’inévitablement il a une différence suivant les générations : pas en mieux ou en pire, ça n’a pas d’importance ; notre jeunesse n’a pas été bercée par les mêmes dessins animés (pour moi, goldorak, ulysse 31, capitaine flam) ou les émissions (récré A2 et l’île aux enfants), c’est tout. On se retrouve à parler avec le même bonheur des sorties actuelles. En bon geek, on est tous nostalgique de ce que l’on a vu dans notre enfance, mais les différences s’estompent dans les échanges sur les films, séries, DA actuels qui sont donc un pur bonheur.

  4. Y a toujours des gens qui font dans le pétage de tes souvenirs d’ado. J’ai jamais dit ça manquait de créativité, j’ai même dit le contraire. Je parlais de la foi dans leur réalisation, c’est-à-dire plus précisément de ne pas se limiter aux seuls films et séries télé, je pensais aux jeux par exemple, aux nouveaux supports, aux fanzines, aux nouveaux sports. Le parkour par exemple est une belle invention qui puise aussi au comics, mais quand tu vois des Geeks qui préfèrent Starcraft en PC à Warhammer en plateau, avec les figurines à peindre, les diorama, tu as le sentiment que la foi (la force) est passé du côté obscurs du mobile et du PC. Ouaaais le débat est lancé, romantisons les bonnes vieilles années.

  5. De très bons points Miss.

    Moi je suis l’année de Rocky, du (premier) remake de King Kong et Taxi Driver.

    Je ne pourrais jamais en vouloir à quelqu’un pour avoir aimé un film, un cartoon ou une Bd enfant et l’aimé toujours adulte; si en effet, la génération 1980 nous à donné des œuvres cultes des plus florissantes qui perdurent aujourd’hui, comme Benoit dit, ça veux pas dire que ce qui est venu avant ou après n’est pas valide ou te consacre comme crétin dès que tu l’apprécie.
    Y’a du bon pis du mauvais dans chaque années; 1986 c’est Aliens, Stand by Me pis Watchmen, mais c’est aussi Howard The Duck, Tchernobyl pis Zombie Nightmare.

    Je me souviens qu’ado, je ne pouvais pas trouver de livre de cinéma qui parlaient en bien des films d’horreurs « moderne » outre peut-être Cronenberg et Carpenter (et encore) mais qui portaient aux nues des films d’exploitation des années 1950-60 qui finalement avaient été la même chose pour les kids qui les avais vus que les Vendredi 13 et autres slashers cheap étaient pour moi.

    Personnellement j’ai vu Cannibal Holocaust avant, mais c’est normal que quelqu’un qui a vu Le Projet Blair quand il commençait à regarder des vues de peur le porte en plus haute estime, tout comme le p’tits gars de 12 ans qui va avoir vu En quarantaine ou Apollo 18 va avoir des maudits bon souvenirs de ces vues là. Moi j’ai aimé mes petits cinémas de quartier avec les bancs défoncés, les programme doubles pis les frisées des premiers rangs qui cachait la moitié de l’écran, mais quand les megaplex d’aujourd’hui vont continuer de changer (parce que c’est toujours ça), il va y avoir pleins d’enfants des années 2000-2010 pour s’en rappeler avec passion.

    Et oui, de plus en plus je pense qu’il va y avoir des génération de geeks distinctes. Moi j’ai senti une cassure (qui fait pas mal cela dit) dans une convention de geeks lors d’un « art ambush (une impro de dessin devant public) ». Un des thèmes faisait référence à la vieille série de Star Trek – les moins de 25 dans l’ensemble ne l’ont pas compris. S’était pas concevable v’la 10 ou 15 ans de faire une référence de Star Trek qui passait en haut de la tête de quiconque dans une convention de S-F, mais tant mieux, justement, y’a des nouvelles affaires qui amènent les gens dans les conventions et le monde de la pop culture et elle ne va que s’en trouver mieux.

    Pis en passant, moi Schwarzenegger en Mr Freeze je l’ai bien aimé – j’ai jamais trop compris pourquoi c’est lui la tête de turc pis pas Jim Carrey en Sphinx, mais bon… 😉

  6. Dans le domaine de la geekness, les générations influencent très largement la manière de considérer la pop culture pour les geeks selon moi. Ayant 18 ans, je n’ai pas connu la grande majorité des classiques sur laquelle se base la génération actuelle de matériel de SF, de Fantasy et autres films, livres, comics et séries télé, voire jeux vidéos. Il faut dire que les geeks de la dernière génération comme moi n’ont pas connu Star Trek, les vrais Star Wars, la série originale de Dragon Ball (qui bat largement DBZ soit dit en passant), les comics classiques du Silver Age ou même les jeux sur NES.
    Heureusement, cette dernière génération est aussi celle qui a eu le plus accès à une panoplie de contenu vieux et récent. Il est possible de visionner tous les éléments que j’ai mentionné plus haut, mais comment croire ne serait-ce qu’une seconde que l’impact du visionnement de vieilles séries qui constituent désormais le cadre de base de la grand majorité des productions récentes ait autant d’impact qu’elles en ont eu à leur sortie. Bien sûr, quelques bijoux parviennent à traverser le temps, je n’ai qu’à penser à Watchmen pour donner un exemple, mais sans vouloir offusquer personne, jouer au premier Super Mario Bros n’est pas nécessairement attirant quand on a pratiquement grandi avec New Super Mario Bros.

    Malgré ces différences générationnelles geekesques, il faut dire que dans le geekdom, le « fossé générationnel » est très peu dur à franchir étant donné qu’on ait beau préférer les vieux Batman ou les récents, on reste néanmoins dans le domaine du comic book, ce n’est pas comme si c’était un combat Jersey Shore vs Avengers (je paierais un gros paquet de cash pour voir Snooki se faire calisser des coups de marteau par un dieu nordique qui parle comme un personnage Shakespeare).

    PS: Qui a écrit le billet de blog ?

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