Fantasia 2015 – Miss Hokusai

Miss Hokusai

Pour le commun des mortels, les gens artistiques semblent parfois appartenir à une race distincte, qui habite un monde complètement différent du nôtre. Un monde abstrait, plus fantastique, voire magique.  C’est dans cet univers que nous plonge tout en douceur le magnifique film d’animation Miss Hokusai.

Nous sommes en 1814, alors que Tokyo se nomme toujours Edo. O-Ei vit avec son père, un homme excentrique dans la cinquantaine et un peintre extrêmement doué qui a déjà une réputation qui entraîne le respect et plusieurs contrats. Katsushika Hokusai (alors appelé Tetsuzo) ne fait ni le ménage, ni la cuisine, sa vie se résumant entièrement à peindre et sortir boire avec son apprenti un peu empoté. C’est d’ailleurs O-Ei qui doit souvent terminer (ou créer!) les œuvres de son père pour qu’elles soient livrées à temps et ce, sans pouvoir signer son travail ni récolter les honneurs que son talent mérite. Un talent qui rend Tetsuzo un peu nerveux… Car O-Ei a également hérité du caractère fort et de l’entêtement de son père. Entre les sautes d’humeurs du maître, sa petite sœur malade et quelques prétendants maladroits, la jeune femme découvre les beautés que ce monde a à offrir; le calme de la neige, la fureur d’un incendie, les secrets d’un dessin érotique réussi et la magie du quotidien.

Miss Hokusai, à l’image des dessins du maître et de sa fille, est un pur délice pour les yeux et le cœur. Rarement a-t-on vu une lumière si parfaite dans un film d’animation, en plus des couleurs toutes en nuances qui nous transportent directement au Japon de l’ère Edo. Le réalisateur Keiichi Hara était présent lors de la représentation d’ouverture et a précisé que le film était adapté du manga Srusuberi, qui est lui-même une interprétation plus qu’une biographie directe de la vie de cette légendaire famille d’artistes. Si le nom Hokusai ne vous dit rien, pensez à la fresque japonaise très populaire qui met en image les vagues de la mer; ce tableau, c’est La Grande Vague de Kanagawa qu’il a peint en 1831. Le scénario est lent et contemplatif mais gonflé d’émotions et jamais ennuyant. Il nous offre de passer un moment dans la vie de ces personnages historiques incomparables mais foncièrement humains et on apprécie l’expérience tout en sortant inspiré. Miss Hokusai est ce genre de film qu’on regarde avec un sourire constant au visage et parfois quelques larmes à l’œil. Une excellente fresque sur les grands sujets universels de la vie, la mort, l’amour et l’art.

Ne manquez pas la deuxième représentation de Miss Hokusai le samedi 25 juillet à midi, pour plus d’informations vous pouvez visiter le site du Festival Fantasia.

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