Greg Rucka et son opinion éclairée sur les films adaptés de comics

Sur son blogue, The Lady Sabre & The Pirates of Ineffable Aether, Greg Rucka publiait cette semaine un texte d’une pertinence considérable sur le traitement Hollywoodien des comic-books. D’entrée de jeu, il rappelle à ses lecteurs que si il est un auteur facilement associable au genre du grim n’ gritty (le réalisme narratif sombre et violent qui fut la marotte des comics durant les années 90), il est vital de faire une distinction entre le réalisme et l’intelligence d’une histoire, tout simplement. Le réalisme sombre n’est pas synonyme de profondeur.

Il parle du plaisir qu’il a eu en allant voir CAPTAIN AMERICA avec son fils et de l’hypochrisie des excuses prodiguées par les studios quand un film adapté de comic de fonctionne pas. Je vous le traduit librement; ça en vaut la peine

Captain America était amusant. C’était pure, c’était aussi sincère, et n’avait pas à s’excuser d’être fait de la sorte. En fait, c’est précisément ces traits de caractères qui font de Steve Rogers le premier Super-soldat dans le film.  Ce sont aussi ces facteurs qui ont fait du film un succès, à mon avis.

Voilà le topo: je suis exaspéré des super-héros qui ne sont plus du tout « super » ou même des héros mais encore plus, je suis exaspéré d’entendre Hollywood nous blâmer de leurs échecs. Je suis exaspéré d’entendre des producteurs totalement déconnectés de la vie américaine actuelle expliquer l’échec de leur mauvais produit en nous blâmant tous de ne pas avoir payer pour voir leur déchet en assez grand nombre.

Le problème de Green lantern est qu’il n’était pas assez sombre? Je ne penses pas!

L’art-même lorsqu’il  est commercial, produit pour le divertissement- s’alimente et est alimenté pas la société qui le consomme. Je pose la question, en ce moment, en regardant autour de vous, quelle saveur cherchez vous dans vos divertissements? Dans une époque d’alertes rouges, de dysfonctions partisanes, de haine et d’intolérance grandissantes, d’échec économique, de chômage et de récession, c’est vraiment de réalisme sombre dont nous aurions besoin?

(…)

Pour ceux d’entre vous qui trouvent ridicules Superman, Wonder Woman et Captain America, ces icônes qui représentent, dans leur essences, le sacrifice de soi pour le bien commun, et qui justifient cette opinion en affirmant que ça manque de réalisme, que personne ne peut être aussi noble: il est temps de vieillir. Sérieusement. Le cynisme n’est pas un signe de maturité.

En bref, les films n’ont pas à être sombres. Ils n’ont qu’à être sincères et pourquoi pas, intelligents. C’est pas bête…

-FRANCIS OUELLETTE

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