Fantasia 2014 – Stereo

Dès le premier coup d’oeil, on sait qu’Erik n’est pas un enfant de coeur. Plus que la moto et les nombreux tatouages, c’est surtout son regard qui trahit un lourd passé qu’il tente, avec un certain succès, de laisser derrière lui. Sa nouvelle vie se porte plutôt bien; sa relation avec Julia s’épanouit et il se rapproche de la jeune fille de celle-ci. Puis un jour, pendant un pause cigarette, Erik aperçoit un homme, la tête dissimulée sous un capuchon, qui semble l’épier. L’homme apparaît à nouveau, plusieurs fois, et de plus en plus près d’Erik qui se rend compte qu’il est le seul à le voir. Erik a-t-il finalement perdu la tête? Est-ce que la figure est un message de son passé?

Ce qui impressionne, dès les premières minutes de Stereo, est la perfection avec laquelle l’ambiance de ce film a été construite. La trame sonore, la photographie et la direction débordent de style et nous transportent directement dans l’univers d’Erik; un univers incertain, fragile et dangereux. On y voit l’influence certaine de plusieurs films (principalement Fight Club et A History of Violence) mais le résultat est génial et inventif. Moritz Bleibtreu, qu’on a connu en  1998 avec le rôle de Manni dans Run Lola Run, livre ici la performance de sa carrière, intense et troublante. Un film cérébral avec un scénario intelligent qui se culmine en scènes d’une grande violence mais qui, ultimement, lance son plus grand coup de poing droit au coeur. À voir.

– Jessy Beaulieu

 

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