Festival Fantasia 2012 – Toad Road

Contrairement à sa prémisse qui pourrait faire croire à un petit film d’horreur « indie », «Toad Road» du réalisateur Jason Banker a plutôt emprunté l’avenue de l’expérimentation afin de présenter à l’écran la descente aux enfers, réel et figurée, d’un groupe d’adolescents insouciants aux prises avec de sérieux problèmes de consommation de drogues de toutes sortes. Un récit troublant et déstabilisant qui surprend par son traitement esthétique « cru » et l’authenticité de ses interprètes qui ne sont pas des acteurs de formation, mais bel et bien des amis dans la vie de tous les jours.

Avec une caméra qui n’est pas sans rappeler celle d’un documentaire, Jason Banker et avant tout un documentariste, l’histoire de Toad Road nous est d’abord divulguée au travers de scènes de party et de prises de drogues dures. Les membres du groupe boivent, se défoncent avec l’aide de différentes substances, se tiraillent jusqu’à se brûler mutuellement le poil des parties génitales. Rien ne semble pouvoir les calmer ou les apaiser pour simplement un instant ces ados qui enchaînent un vice après l’autre.

Sara, une jeune femme de la ville, qui a récemment emménagé à York pour s’éloigner de ses parents, s’intègre rapidement à la bande qui l’initie à la consommation de narcotiques et d’hallucinogènes. Après un « Bad Trip » engendré par des champignons, la jeune femme, qui cherche par ailleurs sa place dans le Monde, tente de tirer du sens de cette expérience qu’elle qualifie de mystique. Ses recherches la poussent à vouloir emprunter le sentier de «Toad Road », un célèbre chemin tiré d’une légende urbaine locale qui selon ce que l’on raconte mènerait tout droit en enfer. Elle entrainera dans sa quête James, son ami et amant. Une fois sur le sentier, le couple est séparé. Seul James en ressortira des mois plus tard. Un phénomène étrange qui l’entrainera malgré lui dans son propre calvaire.

Comme ses acteurs, « Toad Road » est franc et direct. Il ne passe pas par une panoplie d’artifices pour instaurer chez le spectateur un sentiment de véracité ou d’inquiétude. Quoique déstabilisant un peu au départ, le rythme est lent et prend le temps de nous présenter ses personnages et leur monde. Un milieu composé de désordres et d’excès duquel Banker a malheureusement de la difficulté par moment à laisser de côté, mais qui a l’avantage de faire baigner le film dans un sentiment d’authenticité. L’histoire n’en est également pas moins intéressante, même si l’aspect paranormal du récit entre en scène que beaucoup plus tard. On pourrait également argumenter que « chemin de croix » que représente Toad Road est déjà emprunté dès la première scène du film puisque qu’une dilatation du temps qui affecte James, et par le fait même le public, entre en scène dans la dernière partie du long-métrage. Un acte lugubre est psychédélique qui amène à questionner notre personnage principal, ces choix et ce qui nous est présenté à l’écran.

Une bonne partie du dialogue des acteurs est improvisée par ceux-ci. Selon les dires de Jason Banker, il aurait livré à ses interprètes une simple structure à respecter pour chaque scène. Banker a également avoué qu’il lui a fallu un certain temps avant de décider qui seraient les personnages principaux sélectionnés parmi le groupe d’amis et comment l’histoire du long-métrage serait traitée. Des aspects nuisent un peu au film qu’on a l’impression de piétiner à certains endroits et qui se conclut soudainement faute d’un plan de travail exhaustif.

Le réalisateur réussit tout de même son pari en livrant un récit prenant et étrange que l’on s’apprécie davantage lorsque l’on apprend qu’il est le fruit d’une cinématographie expérimentale. À écouter à jeun les lumières allumées et en bonne compagnie.

– Benoit Mercier

Festival Fantasia 2012 – Alter Egos

Qui a dit qu’il faut absolument un budget démesuré afin de jouer dans la cour des grands films de superhéros hollywoodien? Quelqu’un n’a assurément pas fait le message au réalisateur et scénariste Jordan Galland qui est venu présenté en première mondiale hier soir à Fantasia son long-métrage « Alter Egos », un récit qui met en en scène des héros aux prises avec des problèmes aussi fantastiques que banals.

Dans un monde où tous les super vilains de la Terre sont désormais en prison, l’humanité se retourne contre sa grande communauté de super héros qui est maintenant vue comme obsolète. Détestés par une bonne portion de la population, certains bienfaiteurs costumés continuent malgré tout de participer à des missions mineures. C’est là où entre en scène «Fridge» (Kris Lemche), un vigilante qui a son lot de difficultés personnelles avec sa copine et qui vient porter main forte à son collègue, C-Thru (Joey Kern), afin d’escorter un criminel dangereux (John Ventimiglia). Les deux alliés se retrouvent dans un l’hôtel Hampton Bays afin de procéder au transport du vilain. Sur place, Fridge fait la rencontre de la jolie gérante de l’établissement, jouée par Brooke Nevin, pour qui il développera rapidement des sentiments. Par contre, rien n’est ce qu’il ne le semble lorsque Fridge découvrira que son ami l’a attiré dans un piège qui a pour but de ramener ses lettres de noblesse à la communauté de héros déchus.

Enfin un film de super héros qui tente d’essayer quelque chose de nouveau et rafraichissant. Bien que je ne suis nullement un détracteur de ce genre de cinématographique, là où les superproductions font habituellement dans l’action et les effets spéciaux à profusions, Alter Egos décide plutôt d’opter pour une approche basée sur des dialogues mordants et une mise en scène simple, mais efficace. Avec très peu d’artifices, le réalisateur Galland réussi à nous faire croire, sans ne pratiquement jamais quitter l’hôtel où se déroule l’action du film, à un monde surpeuplé de gens avec des capacités surhumaines qui porte ses propres règles de conduite et leurs démons. Rappelez-vous des discussions que vous avez eues avec vos amis concernant le costume de Spider-Man ou Captain America à leur sortie au cinéma et observez ceux d’Alter Egos et vous allez rapidement vous apercevoir qu’il n’en valait pas la peine d’en faire tout un plat. Malgré des uniformes de spandex moulants et douteux et ses effets spéciaux simples, le long-métrage nous garde en haleine jusqu’à la fin et ne parvient jamais à activer chez nous ce sentiment appelé le «Suspension of Disbelief». Le récit pourrait être comparé à un mélange entre Kick-Ass et un long-métrage de dialogues à la Kevin Smith. Par ailleurs, la compagnie de ce dernier, SmodCast, est liée à la production du projet.

Les interprètes Kris Lemche, Brooke Nevin, Joey Kern, John Ventimiglia et Danny Masterson portent littéralement le long-métrage sur leurs épaules. Leur jeu est toujours juste et comique et les jeunes acteurs ont visiblement beaucoup de chimie et de plaisir à l’écran. Gentil ou méchant, qu’importe, on en vient à craindre pour leur sécurité et on se retrouve rapidement attaché à eux. Le mélange vie de super héros et vie personnelle aurait pu rapidement devenir anecdotique, mais le scénario s’éloigne du piège et prend un tournant vers le dramatique avant que le public détecte la répétition ou ne s’ennuie. Comment les héros gèrent-ils leur vie professionnelle et amoureuse? Quel sont les enjeux d’être un super héros, pourquoi le font-ils? Quelles sont leurs manies? Voilà des questions auxquelles s’attaque Galland qui parvient à y répondre avec autant de créativité que d’intelligence.

À voir que vous êtes un amateur de Comic Book ou non.

– Benoit Mercier

Festival Fantasia 2012 – Starship Troopers: Invasion

Starship Troopers: Invasion du réalisateur Shinji Aramaki (Appleseed, Appleseed: Ex Machina) avait de gros souliers à remplir lors de sa projection montréalaise hier soir à la salle théâtre Hall de l’université Concordia.

En effet, ce film conçu entièrement en animation de synthèse se veut la suite du long-métrage culte de science-fiction de 1997 «Starship Troopers» du réalisateur Paul Verhoeven mettant en vedette Capster Van Dien. L’acteur qui a tenu le titre de producteur exécutif sur la production était par ailleurs présent sur place. Avec un enthousiasme marqué, il est venu adresser une foule accrochée à ses moindres mots avant de promettre de passer après la projection afin de répondre aux questions du public.

Après que la base de la Fédération Casey est attaquée par une horde des insectes extraterrestres de la planète Klendathu, l’équipe de soldats Roughneck K-12 tente de repousser l’une de leur attaque dirigée vers la Terre.

Malheureusement, et ce, malgré la bonne volonté de l’interprète hollywoodien et celle des artisans du film, Starship Troopers: Invasion tombe rapidement à plat. La qualité de son animation réalisée par ordinateur, quoique belle, ne suffit pas à accrocher l’attention des spectateurs qui ne cessent de questionner les choix scénaristiques du scénariste Flint Dille qui semblent ici avoir opté pour le cliché. Le long-métrage accumule trop de « mauvaises facettes » pour que l’on puisse passer par-dessus celles-ci, des défauts qui en deviennent à la longue franchement agaçants.

Outre les voix des doubleurs qui ne semblent pas être en mesure une fois sur deux de pouvoir transmettre la bonne émotivité, le récit devient répétitif. Les scènes d’affrontements entre les soldats et les insectes extraterrestres qui peuplent l’univers de « STI » se succèdent, mais ne parviennent pas à se démarquer. En plus de manquer terriblement d’originalité, celles-ci ne servent qu’à éliminer un personnage principal au passage. Des protagonistes avec lesquels de toute manière on n’arrive jamais véritablement à avoir un lien émotif tellement ils restent de surface. Leurs échanges et dialogues sortis tout droit d’un roman à l’eau de rose ne font qu’accentuer leur fadeur qui ne fait qu’entrer en contraste avec la beauté de leurs environnements.

La vérité est que l’on voudrait tellement aimer Starship Trooper: Invasion. Le récit offre un retour à une franchise qui malgré un premier succès au box-office n’a qu’engendré des suites ennuyeuses sorties directement sur DVD. Le design des vaisseaux, des armures et lieux où se déroule l’action sont magnifiques. Chaque engin est conçu de manière à créer l’illusion qu’il fonctionnerait dans la vie réelle et leur déploiement à l’écran est crédible. Le retour du personnage de Johnny Rico dans le feu de l’action, joué par Van Dien dans le film original, est épique, mais il nous laisse malheureusement pour la fin.

Malgré ses défauts, la foule réunie a semblé satisfaite de ce nouveau chapitre qui peut-être ne s’adresse qu’à ces fans invétérés. Heureusement, Capster Van Dien a tenu promesse et revenant après la projection. Après quelques questions sur STI, la discussion s’est réorientée vers le film de 1997 pour lequel l’acteur ne cache pas son enthousiasme et amour. Il en a profité pour interprété certaines des meilleures citations du film au grand plaisir de tous.

– Benoit Mercier

Festival Fantasia 2012 – Entrevue avec les créateurs de My Amityville Horror

En 1974, Ronald DeFeo assassina sa famille entière dans des circonstances qui demeurent à ce jour étranges. Un an plus tard, une nouvelle famille emménage dans la demeure du 112 avenue Ocean dans la petite ville d’Amityville dans l’état de New York.

Les Lutz résident 28 jours dans la maison avant de la quitter clamant s’être fait attaquer par des forces surnaturelles. S’en suit un cirque médiatique un livre et une série de films d’épouvantes qui ont enflammé la curiosité de milliers de personnes à travers le monde.

George et Kathy Lutz se sont toujours défendus de la véracité de leurs dires. Aujourd’hui, pour la première fois en 35 ans, Daniel Lutz, qui n’était qu’âgé de 10 ans à l’époque lorsque sont survenus les évènements, raconte ce qu’il a vécu dans la tristement célèbre maison d’Amityville, ce que cette expérience a eu comme impact sur lui et les cicatrices qu’elle a laissées sur sa vie.

L’un des documentaires les plus puissants dont j’ai eu la chance de visionner dans les dernières années « My Amityville Horror » traite sans juger et sans sensationnalisme d’un sujet qui est resté chaud dans l’inconscient collectif toutes ces années. Le film est un document unique, puissant qui terrifiera, mais pas pour les raisons que vous vous imaginez.

J’ai eu la chance de rencontre le réalisateur du film Eric Walter et la productrice Andrea Adams. Lors de notre entretien, nous avons discuté du contexte de production du long-métrage, de Daniel Lutz et de phénomènes paranormaux en général. Voici dans mon célèbre accent anglais notre discussion.

My Amityville Horror sera présenté une fois de plus dans le cadre du festival Fantasia le 27 juillet prochain.

CLIQUEZ ICI POUR ÉCOUTER L’ENTREVUE

– Benoit Mercier

Festival Fantasia 2012 – Dead Sushi

Dead Sushi du réalisateur nippon Noboru Iguchi est exactement le genre de longs-métrages éclatés et complètement excentriques qui ont su se faire une place spécial au cœur des amateurs du festival Fantasia au cours des années. Ce film riche en effets spéciaux parvient, comme son nom titre l’indique, à se moquer de l’un des arts culinaires les plus respectés du pays du soleil levant en le combinant au genre de zombie si populaire en ce moment autant à la télévision, que dans les jeux vidéo et dans les bandes dessinées. Il en résulte un récit farfelu et par moments déroutant qui ne dérougit pas de début à la fin.

Keiko (Rina Takeda) est apprentie cuisinière auprès de son père, un homme passé maître dans la confection de ce plat composé de poissons crus. Extrêmement exigeant envers sa fille qu’il entraine parallèlement aux arts martiaux, Keiko quitte le foyer familial après une suite d’échecs. Elle s’isole dans la campagne nippone où elle trouve du travail auprès d’un couple entièrement dédié au succès de leur entreprise, un auberge et spa dont la réputation pour la qualité de leur sushi est soi-disant inégalée.

Tout tourne au vinaigre lorsqu’un groupe d’employés d’une compagnie pharmaceutique arrive à l’auberge pour un séjour de repos. Sans qu’il le sache, le groupe est poursuivi par un ancien collègue, inventeur d’un sérum qui ramène les cellules mortes à la vie qui a décidé de se venger de l’entreprise qui l’aurait condamné à tort et qui lui a volé ses recherches. Après une confrontation initiale entre Keiko, le chef de sushi de l’établissement et le représentant de la compagnie, l’ex-employé confronte les résidents de l’auberge. Abattu par coups de feu, l’homme utilise un poulpe pour contaminer les sushis de l’hôtel qui se transforment immédiatement en petites créatures dotées d’intelligence et de crocs qui attaquent et tue tout sur leur passage. Keiko en ayant recours à ses talents d’arts martiaux et de cuisinière sera la seule qui est en mesure d’arrêter les sushis carnivores.

Les détracteurs du genre ne retrouveront rien dans Dead Sushi qui saura les faire changer d’idée. Si ça se trouve, ils seront davantage confirmés dans leur manque d’intérêt pour ce type de long-métrage. Il faut dire qu’en plus d’avoir une prémisse rigolote et totalement invraisemblable, le film a recours tout au long du récit à des effets spéciaux inégaux et parfois littéralement mal exécutés. Combiné à un humour japonais qui peut se révéler par moment un peu étrange et enfantin, il est normal que le spectateur se retrouve déstabilisé. Par contre, si on peut mettre nos appréhensions négatives initiales de côté et ne pas bouder son plaisir, Dead Sushi se montre être hautement divertissant et comique grâce à ses gages qui se suivent l’un après l’autre ne faisant que très peu de place à la discussion. Conscient de la nature complètement éclaté, les acteurs eux-mêmes adressent les situations impossibles dans lesquelles ils se retrouvent à la manière d’un spectateur qui regarde le film. Cette dimension est par ailleurs totalement assumée lorsqu’un personnage s’adresse à ses compagnons pour lui dire : « nous sommes au moment où ça ne fait plus du tout de sens ». On comprend rapidement que le film n’est qu’une excuse pour une succession de situations grotesques contenant très peu de développement de personnage. Le réalisateur Noboru Iguchi utilise le canevas de son histoire pour pousser l’enveloppe du ridicule avec excentricité extrêmement créative qui dans le contexte du film ne semble pas avoir de limite. À voir pour ceux et celles qui veulent avoir un bon temps sans se casser la tête.

– Benoit Mercier

Mystérieux Étonnants #273The Dark Knight Rises

Cette semaine, nous recevons Simon Laperrière, programmateur pour le festival Fantasia, qui vient nous parler des films à ne pas manquer cette semaine. Également à l’émission, une discussion sur The Dark Knight Rises. Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons également les dernières nouvelles sur l’univers de la culture populaire: BD, cinéma, jeux vidéos, télévision, etc.

Diffusion originale: 23 juillet 2012
Site web: MysterieuxEtonnants.com
Cet épisode a été enregistré à CHOQ.ca
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Retransmission vidéo de l’émission #273 – The Dark Knight Rises

Écoutez la retransmission vidéo de l’émission #273 – Cette semaine, nous recevons Simon Laperrière, programmateur pour le festival Fantasia, qui vient nous parler des films à ne pas manquer cette semaine. Également au programme, une discussion sur The Dark Knight Rises.

Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons les dernières nouvelles sur l’univers de la pop culture, jeux vidéo, BD, films, télévision, etc.

Festival Fantasia 2012 – Lloyd The Conqueror

Pas besoin d’être un fin observateur pour s’apercevoir que les Geeks sont à la mode depuis quelque temps. Alors que le cinéma hollywoodien nous offre année après année des films de superhéros et que des émissions telles que « The Big Bang Theory » font l’apologie de ce mode de vie qui pourrait essentiellement se résumer à, comme Simon Pegg le disait, ne jamais se la jouer cool au sujet de combien vous aimez quelque chose, certaines personnes quant à eux seraient tentées de proclamer que la « revanche des tronches » à bel et bien eu lieu. Vivons-nous maintenant dans un monde où tous et chacun sont Geek? À tout le moins juste un peu?

Bien qu’il est pratiquement aujourd’hui impossible de posséder un minimum de « culture Geek », tous ont au moins joué à Mario au Nintendo dans leur jeunesse ou utilise un téléphone intelligent sur une base régulière, il n’en reste pas moins que des aspects de celle-ci demeurent nébuleux, pour ne pas dire étrange.

Dans son film intitulé Lloyd The Conqueror, le réalisateur canadien Michael Peterson nous projette littéralement dans l’un de ces curieux passe-temps. Celui des jeux de rôle grandeur nature. On y retrouve un monde étrange avec ses propres règles et façon d’opérer. Un univers fantastique qui absorbe complètement ses joueurs qui tentent d’échapper à banalité du quotidien et qui parfois malgré eux s’y retrouvent complètement engloutit.

Lloyd (Evan Williams) est le chef d’un trio de colocataires qui fréquente l’université publique de leur ville. De nature plutôt fainéante, les trois jeunes hommes se retrouvent dans le pétrin alors qu’ils ne parviennent pas à préparer à temps l’exposé oral pour un cours essentiel pour l’obtention de leur diplôme. Sans la note de passage, Lloyd, Patrick et Oswald perdront leur aide financière aux études. Leur professeur (Mike Smith), un adepte et champion de jeux de rôle grandeur nature, leur propose alors un marché. S’ils s’enrôlent dans la prochaine compétition annuelle de GN, celui-ci leur donnera la note minimale de passage. Bien qu’ils acceptent sans toutefois connaitre cet univers, le groupe prendra goût au jeu tandis que la compétition se transformera petit par petit en une question d’honneur. Lors de leur quête, ils feront la rencontre du magicien blanc (Brian Posehn), un ancien joueur et propriétaire d’une boutique de jeux qui initiera le groupe aux mystères et règlements des GN. De son côté, Lloyd prendra son courage à deux mains en abordant la jeune entraineuse d’un dojo local pour qui il développera des sentiments.

Petit frère des «Slacker Movie», Lloyd The Conqueror ne réinvente pas le genre, mais parvient malgré tout à nous divertir et bien sûr nous faire rire. Quoique caricaturaux, à en être par moment même épuisant, ses personnages sont attachants et parviennent à nous toucher. Chaque scène devient un prétexte à se moquer des adeptes de ce type de jeux et des Geeks en général et leurs manies. Un humour qui, à moins d’être un Geek de mauvaise foi, sera bien reçu de ceux-ci. Avec de très peu de moyens Peterson parvient à demeurer inventif avec des gages qui ne se répètent pas et qui nous prennent malgré nous au détour. Les blagues employées sont par moments un peu facile, mais réussissent à ne pas tomber dans le « pipi caca », un facteur «choque» que l’on retrouve tapissé d’un bout à l’autre des longs-métrages de Kevin Smith, un autre réalisateur qui est un habitué de ce genre de films.

Brian Posehn est hilarant dans le rôle du personnage du vieux magicien qui tente de guider ses nouvelles recrues. On comprend que pour lui les grandeurs nature sont plus qu’un simple passe-temps, mais un style de vie qu’il prend terriblement au sérieux, ce qui entraine plusieurs malentendus et malaises. Mike Smith quant à lui est convaincant dans le rôle du «méchant» et champion invaincu des GN. Bien que terriblement cruel et malicieux, il s’entoure, comme les vilains des dessins animés, de sbires empotés qui le vénèrent tel un roi. On souhaiterait par contre que les scènes de combats soient un peu plus élaborées et créatives. Elles se concluent malheureusement très rapidement et semblent avoir été un peu trop improvisées, ce qui est dommage puisque le combat est au cœur de tout bon jeu de rôle grandeur nature. C’est d’ailleurs dans celles-ci que l’on retrouve le plus d’erreurs techniques. Des plans contre jour, un éclairage peu adéquat et des mises au foyer mal exécutées parsèment une photo qui est sinon bien réussie.

Un bon petit film canadien qui donne une visibilité et une voix à l’un peu connut des non-initiés.

– Benoit Mercier

Mystérieux Étonnants #272The Amazing Spider-Man

Cette semaine, les membres des Mystérieux étonnants sont heureux de retrouver leur coanimateur Yoann alors qu’ils reçoivent en studio Nicolas Archambault, programmateur au Festival Fantasia. Également à l’émission, The Amazing Spider-Man du réalisateur Mark Webb mettant en vedette Emma Stone et Andrew Garfield. Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons également les dernières nouvelles sur l’univers de la culture populaire: BD, cinéma, jeux vidéos, télévision, etc.

Diffusion originale: 16 juillet 2012
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Retransmission vidéo de l’émission #272 – The Amazing Spider-Man

Écoutez la retransmission vidéo de l’émission #272 – Cette semaine, les membres des Mystérieux étonnants sont heureux de retrouver leur coanimateur Yoann alors qu’ils reçoivent en studio Nicolas Archambault, programmateur au Festival Fantasia, et qu’ils discutent du film The Amazing Spider-Man du réalisateur Mark Webb mettant en vedette Emma Stone et Andrew Garfield.

Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons les dernières nouvelles sur l’univers de la pop culture, jeux vidéo, BD, films, télévision, etc.

Fantasia 2012 : le cinéma de genre à son comble

La 16e édition du festival international de films Fantasia prendra son envol le jeudi 19 juillet prochain, et ce, jusqu’au 9 août. Pendant cette période, de nouvelles œuvres formidables de maîtres tels que William Friedkin, Takashi Miike, Quentin Dupieux, Harmony Korine, Bill Plympton et Noboru Iguchi seront projetés au grand plaisir des cinéphiles friands de cinéma de genre.

Lors de cet événement plus de 125 réalisateurs, producteurs et acteurs provenant des quatre coins du monde seront présents pour présenter leurs films, dont plusieurs gros noms de la pop culture tels que Mark Hamill (Star Wars), Tony Todd (Candyman), Michael Bienh (Aliens, The Terminator) et Casper Van Dien (Starship Troopers).

Comme toutes les années, le cinéma asiatique occupe une place prépondérante, dont une part importante proviendra des Philippines, dont le cinéma est en pleine renaissance. Le cinéma occidental n’est pas en reste pour autant avec des films provenant de l’Australie, des Pays-Bas, des États-Unis… et de la Scandinavie. En fait, il y sera présenté plus de 160 films provenant de plusieurs dizaines de pays.

En cette 16e édition, de nouvelles sections s’ajoutent à l’importante offre de ce festival, dont Axis, qui est consacré au cinéma d’animation international et qui rivalise avec le prestigieux Festival d’Annecy et qui salue les talentueux artistes qui continuent de créer de nouveaux mondes plan par plan. Et d’autres reviennent encore plus fortes dont Documentaries From the Edge, Camera Lucida (où les dix œuvres sélectionnées portent un regard sur le film de genre, puis le détruit pour mieux le reconstruire) et la quatrième édition du Fantastique week-end du court-métrage québécois.

Soulignons que le Jury Compétition long-métrage sera présidé par le cinéaste québécois Gabriel Pelletier (Karmina, La peur de l’eau) et secondé par Jay Baruchel, Michael Bienh, Sylvain Krief (musicien de jazz qui a accompagné certains des plus grands artistes et un très grand cinéphile de genre fantastique) et par la critique de cinéma Maggie Lee (Variety).

C’est le film japonais For Love’s Sake, réalisé par Takashi Miike, qui ouvrira le festival. Il s’agit d’une adaptation du manga Ai To Makoto qui raconte l’histoire d’amour entre une jeune femme riche et bien élevée et un voyou plus que fauché.

Finalement, le film de clôture sera rien de moins que PARANORMAN, un film de stop-motion 3D provenant du studio d’animation LAIKA qui avait offert auparavant Coraline. Notons que ce film raconte l’histoire d’une ville assiégée par les zombies; Norman, un jeune garçon incompris qui a le don de parler aux morts, les combattra tout comme des fantômes, des sorcières et, pire encore, des adultes [!]

  

Voyez une sélection de quelques-uns des films à voir, après le saut.

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Fantasia ouvre ses frontières à un nouveau marché de coproduction

Fantasia est l’un des plus importants et influents festival de cinéma de genre au monde et le plus imposant en Amérique du Nord; il est encore et toujours en pleine expansion. Pour sa 16e édition qui aura lieu du 19 juillet au 7 août 2012, un nouveau projet orienté pour l’industrie du film de genre vient d’être annoncé, soit Frontières, le marché de coproduction international de Fantasia.

Pour cette première édition, quatorze projets provenant tant de réalisateurs aguerris que de nouveaux venus ont été sélectionnés. Ils viennent de partout dans le monde, mais quatre d’entre eux sont canadiens, soit Pontypool Changes de Bruce MacDonald (qui sera la suite du chef-d’oeuvre culte Pontypool), Pork Chop de Sid Zanforlin, Radius de Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Sans Dessein) et finalement Turbo Kid de Roadkill Superstar (François Simard, Anouk Whissel et Yoann-Karl Whissel [notre cher collègue].

Soulignons que Turbo Kid est la version long métrage de T is for Turbo qui avait remporté le vote populaire lors du concours américain The ABCs of Death (organisé par Drafthouse Films). Il sera produit par le producteur néo-zélandais Ant Timpson (The Devil Dared Me To) ainsi que le canadien Jason Eisener (Hobo with a Shotgun).

Félicitations à Fantasia pour ce bel ajout à leur offre ainsi qu’aux créateurs des projets choisis!

– ‘xim Sauriol

Mystérieux Étonnants #230Shaolin Cowboy

Cette semaine, spécial pour les dames, alors que Simon Chénier est en vacances, Francis et Benoit tenteront de ne pas être trop salaces lors de leur discussion sur Shaolin Cowboy de l’auteur Geof Darrow. Bien sûr, comme à l’habitude, nous vous partageons également les dernières nouvelles sur l’univers de la culture populaire: BD, cinéma, jeux vidéos, télévision, etc.

Diffusion originale: 8 août 2011
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Festival Fantasia: The Whisperer in Darkness

The Whisperer in Darkness est plus qu’une simple transposition au grand écran de la nouvelle du romancier d’horreur H.P. Lovecraft. C’est un effort conscient d’adapter le plus fidèlement possible l’oeuvre originale en ayant recours à des techniques cinématographiques pastichés des longs-métrages des années 40.

C’est un récit classique fait avec un amour évident pour l’univers imaginé par le célèbre auteur du début du vingtième siècle. H.P. Lovecraft est l’un de ces écrivains dont on dit les oeuvres inadaptables. Sans vouloir ici rajouter de l’huile sur le feu entourant le débat des adaptations de livres au cinéma, les oeuvres de Lovecraft se révèlent les plus efficaces lorsqu’elles se basent sur ce qui a fait le succès des ouvrages, l’innommable, l’horreur qu’on ne peut littéralement pas être décrite et qui envahit complètement l’âme des hommes. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant que les protagonistes des histoires de Lovecraft rencontrent pratiquement tous la même fin, la folie plutôt qu’une mort définitive. Mais alors, comment adapter cette dimension au grand écran? Est-ce possible? Je suggère que devant l’impossibilité de pouvoir transposer cette essence horrifique vers le film, le réalisateur Sean Branney a vraisemblablement choisi d’emprunter une esthétique visuelle typée afin de rester, malgré tout, le plus proche de la nouvelle de The Whisperer in Darkness.  Une adaptation directe n’aurait probablement pas été aussi efficace et ne serait pas parvenue à effrayer le public. On s’entend, les créatures qui peuplent les livres de  H.P. Lovecraft traversent l’espace rempli de gaz grâce à des ailes. Pourquoi alors ne pas assumer complètement ce côté daté?

Est-ce que je me suis trop éloigné du sujet qui nous concerne? Pas complètement, puisque c’est l’une des critiques que j’ai entendues le plus à la sortie du film. Pourquoi ce style? Pour ma part, je crois qu’il est à propos et s’inscrit dans une suite logique de choix esthétiques qui font le charme de l’oeuvre.

Des polices de caractères en passant par l’utilisation de vieux effets spéciaux, d’une trame sonore d’époque et des maquettes, le réalisateur emploi toutes les ressources à sa disposition afin de plonger le spectateur dans un récit se déroulant dans première partie du vingtième siècle. Malgré quelque moment où la qualité de la production aurait pu être peaufinée, spécialement certaines scènes en noir et blanc ou lorsque l’on utilise des photographies modifiées, Sean Branney parvient à nous convaincre. Le rythme du film est lent et nous sommes beaucoup plus rapides que le personnage principal à comprendre l’énigme et ce qui se trame. Cet aspect aurait pu en déplaire à plus d’un, mais encore une fois, je dois admettre qui m’a plu. L’objectif n’était pas de dérouter ou surprendre le spectateur, mais bien l’amener en voyage afin qu’il découvre l’univers de Lovecraft.

Même s’il ne vous procura pas de frissons d’épouvante, le film est plongé dans une ambiance fantastique et surnaturelle qui rappelle les vieux feuilletons de télévision tels que The Twilight Zone et The Outer Limits. Sans faire dans la simplicité exagérer, la mise en scène est sobre et se déroule toujours entourée de décors dénudés, stéréotypés, mais efficaces.

Il faut aussi souligner la performance de l’acteur Matt Foyer qui se retrouve à porter seul une bonne partie du film sur ses épaules. En tant qu’interprète principal, Foyer devient notre guide au travers de cet univers ténébreux. Ses expressions, son état d’angoisse est palpable, un jeu parfaitement adapté pour le ton de l’oeuvre.

Parfois malgré lui comique, The Whisperer in Darkness a su gérer des rires de la part du public de Fantasia, souvent provoqué par des dialogues, ou les réactions rigolotes des personnages qui sortent hors de l’ordinaire pour notre époque.

N’en déplaise à ses détracteurs, The Whisperer in Darkness, est un film qui a du coeur qui a été créé par des artisans qui arrivent à nous faire ressentir, l’amour et l’émerveillement qu’ils entretiennent pour l’oeuvre de H.P. Lovecraft.

– Benoit Mercier